Réserve de Selous

Réserve de Selous

Réserve de Selous

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Faune & biodiversitéSites UNESCOForêtsRivièresSafari7 min de lecture

Plus grande réserve de gibier d'Afrique, Selous séduit par ses safaris en bateau sur la Rufiji, sa faible affluence et ses chiens sauvages.

Près de quatre fois la taille du Serengeti, le parc de Selous s'étend sur plus de 45 000 km². Il s'agit de la plus grande réserve de gibier d'Afrique. Ce vaste territoire est voisin du parc national de Mikumi. Les deux parcs s'inscrivent d'ailleurs dans une zone naturelle bien plus vaste appelée écosystème de Selous-Niassa. Massifs montagneux, forêts denses, plaines herbeuses et zones boisées composent le paysage de cette région du Sud-Est tanzanien, traversée par la puissante rivière Rufiji et ses lacs.

Depuis 2019, la moitié nord de l'ancienne réserve porte le nom de Nyerere National Park, en hommage au premier président tanzanien Julius Nyerere. La zone sud, toujours appelée Selous Game Reserve, reste fermée au tourisme classique et réservée à des concessions de chasse. En pratique, quand les voyageurs parlent aujourd'hui d'un « safari à Selous », ils visitent le Nyerere National Park.

Selous en bref

  • Superficie : plus de 45 000 km² (écosystème global), dont environ 30 000 km² pour le Nyerere National Park ouvert au tourisme
  • Statut : patrimoine mondial UNESCO depuis 1982, classé en péril en 2014
  • Localisation : Sud-Est de la Tanzanie, à 200 km au sud-ouest de Dar es Salaam
  • Accès : 45 mn de vol depuis Dar es Salaam, 90 mn depuis Ruaha
  • Meilleure période : saison sèche, de mai à octobre
  • Durée conseillée : 2 à 4 nuits
  • Budget safari : à partir de 75 USD/jour, jusqu'à 650 €/jour en formule tout compris
  • Atouts : safari en bateau sur la Rufiji, faible affluence, Big Five, chiens sauvages africains

Brève histoire de la réserve

En 1896, le gouverneur allemand a désigné cette zone comme site protégé. Elle est devenue réserve de chasse en 1905. Son nom rend hommage à Frederick Selous, chasseur de gros gibier et défenseur de l'environnement, tué dans la région pendant la Première Guerre mondiale.

La réserve a été inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO en 1982, pour ses paysages et sa nature sauvage intacte. Ce classement a ensuite été fragilisé par la construction d'un barrage hydroélectrique sur la rivière Rufiji, le projet Julius Nyerere.

Depuis 2005, le site est considéré comme une unité de conservation du lion. En 2014, il est déclaré patrimoine mondial en péril en raison du braconnage incontrôlé, qui a décimé les populations d'éléphants et de rhinocéros. En 2019, l'autorité tanzanienne des parcs a séparé la moitié nord pour créer le Nyerere National Park, désormais cœur touristique de la zone.

La biodiversité du parc

La faune

Le parc abrite un grand nombre d'animaux sauvages : près de 250 000 impalas, 145 000 buffles, 100 000 gnous, 40 000 hippopotames, 35 000 zèbres, 4 000 lions, ainsi que de nombreux bubales de Lichtenstein, waterbucks, bushbucks, léopards, élans, hyènes et crocodiles.

C'est l'un des rares sanctuaires d'Afrique où l'on peut encore observer l'antilope puku, l'antilope de sable et le chien sauvage africain. La réserve hébergeait autrefois l'une des plus grandes populations d'éléphants du continent, fortement réduite par le braconnage des années 2000-2015. Les effectifs remontent doucement depuis les opérations anti-braconnage menées par le gouvernement tanzanien.

L'avifaune

Plus de 445 espèces d'oiseaux ont été recensées. Le long des lacs, vous croiserez des martins-pêcheurs géants, des pélicans à dos rose et des écumeurs africains. Sur les bancs de sable, vous observerez des guêpiers à front blanc, des ibis, des vautours palmistes, des aigles-pêcheurs et des guêpiers carmins.

D'autres espèces aquatiques peuplent le parc : calao trompette, martin-pêcheur malachite, turaco à crête pourpre, pluvier à ailes blanches, cigogne à bec jaune et petits échassiers. De novembre à avril, des migrateurs paléarctiques rejoignent l'écosystème.

La flore

Située entre les centres régionaux d'endémisme Somalie-Massaï et Zambezian, la réserve possède une grande variété de zones de végétation, des prairies boisées et marécages riverains aux forêts primaires et fourrés denses. On y compte près de 2 150 espèces végétales.

Au nord des rivières Ruaha-Rufiji s'étendent des prairies boisées ouvertes, sur argile alcaline. On y trouve du terminalia spinosa, du palmier doum et du palmier borassus.

Le reste de la réserve est occupé par une forêt sèche de Miombo à feuilles caduques, principal habitat des éléphants. La couche arbustive comprend bois de plomb et Diplorhyncus condylocarpus. Les collines rocheuses sont couvertes d'acacias et les galeries d'eaux souterraines accueillent des Brachystegia et des palmiers-dattiers sauvages.

Que faire dans la réserve de Selous

Safari en bateau sur la Rufiji

C'est la signature du parc, ce qui le distingue du Serengeti ou du Ngorongoro. Au départ des camps riverains, les barques motorisées remontent le cours principal de la rivière Rufiji, ses canaux et ses lacs. Vous croisez des hippopotames en groupes serrés, des crocodiles immobiles sur les berges, et des éléphants venus boire en fin de journée. La pêche au tigerfish est possible, à réserver à l'avance.

Safari en 4x4

Les safaris en jeep couvrent les pistes principales du parc, généralement orientées vers les points d'eau où la faune se rassemble pour s'abreuver. Les guides connaissent les réseaux de pistes et savent traquer les chiens sauvages, plus discrets que les lions. Les sorties durent 3 à 5 heures, le matin tôt ou en fin d'après-midi.

Safari à pied

Une visite à Selous reste incomplète sans une marche guidée. Encadré par un ranger armé et un guide, vous parcourez la brousse à pied, lisez les traces, approchez les troupeaux à distance respectueuse. C'est la meilleure façon d'apprécier les détails du milieu : termitières, empreintes fraîches, cris d'alarme. Les sorties durent généralement 2 à 3 heures, au lever du jour.

Safari en montgolfière

Dès l'aube, vers 6 heures du matin, les montgolfières s'élèvent au-dessus de la savane embrumée. Le silence du vol, troublé seulement par le souffle du brûleur, permet d'observer la faune sans la déranger : éléphants, girafes, lions, antilopes.

Le vol dure environ une heure selon les conditions météo. À l'atterrissage, un « Champagne Bush Breakfast » est servi en pleine nature. Chaque montgolfière est pilotée par un professionnel qualifié. Comptez 550 à 600 USD par personne pour cette expérience.

Photographie animalière

Les safaris en bateau sur la Rufiji offrent des angles de prise de vue impossibles ailleurs : hippos en gros plan, oiseaux pêcheurs en action, éléphants traversant les bancs de sable. La lumière rasante du matin et de la fin d'après-midi fait ressortir les couleurs du Miombo. Demandez à votre lodge un guide spécialisé photo, qui adaptera les itinéraires à la lumière.

Détente au bord de la Rufiji

Entre deux safaris, les camps installés en bordure de rivière proposent des plages privées, des terrasses ombragées et des piscines naturelles surveillées. Beaucoup de voyageurs réservent une journée « off » au milieu du séjour pour souffler, observer les hippos depuis le bar du camp et profiter du coucher de soleil sur la Rufiji.

Où dormir dans la réserve de Selous

L'hébergement à Selous est exclusivement composé de camps de tentes safari et de lodges, tous situés dans ou en bordure du Nyerere National Park. Pas d'hôtel classique : on dort sous toile, mais le confort va de la tente sobre à la suite de luxe avec piscine privée.

Camps mid-range (200-400 €/nuit/pers, pension complète)

Tentes spacieuses sur plateforme bois, douche chaude à seau, repas sous l'auvent commun. Inclus généralement : deux activités par jour (4x4 et bateau), transferts depuis l'airstrip. Idéal pour un premier safari sans casser la tirelire.

Lodges haut de gamme (500 €+ /nuit/pers, all inclusive)

Tentes-suites avec terrasse face à la Rufiji, piscine privée pour certaines, table gastronomique, guide privé sur demande. Boissons et activités multiples comprises. À privilégier pour un voyage de noces ou un safari signature.

Camps mobiles et bush camps

Plus rustiques, ils suivent les mouvements de la faune et offrent l'expérience la plus immersive. Pas d'électricité 24h/24, lampes solaires, ambiance feu de camp. Réservés aux voyageurs qui acceptent un confort simple en échange d'une vraie sensation de bout du monde.

Conseils insider

  • Combinez avec Ruaha : un vol de 90 mn relie les deux parcs. Selous pour le bateau, Ruaha pour les paysages baobabs et les grandes troupes d'éléphants. C'est le combo classique du Sud tanzanien.
  • Privilégiez le vol au 4x4 : la route depuis Dar es Salaam prend 6 à 7 heures sur des pistes en mauvais état. Le vol coûte 250-350 USD aller-retour et change radicalement le confort du séjour.
  • Réservez le safari en bateau dès l'arrivée : tous les camps ne sont pas équipés, et l'activité est limitée aux concessions ayant accès direct à la Rufiji ou aux lacs Tagalala et Manze.
  • Évitez avril et début mai : la plupart des camps ferment à cause des pluies. Les pistes deviennent impraticables et les animaux se dispersent.
  • Pour les chiens sauvages : visez juin-août, période de mise-bas où les meutes restent autour de leur tanière.
  • Tarifs UNESCO : les droits d'entrée du parc (environ 80 USD/jour/pers) ne sont pas toujours inclus dans le tarif affiché du camp. Vérifiez ce point avant de comparer les devis.

Selous, pour qui ?

  • Voyageurs en quête d'authenticité : Selous reçoit dix fois moins de visiteurs que le Serengeti. Les pistes sont peu fréquentées, les sightings se font souvent en solo.
  • Amateurs de safari fluvial : c'est l'un des seuls parcs d'Afrique de l'Est où le bateau est une activité majeure et non gadget.
  • Couples et lunes de miel : ambiance feutrée des camps, dîners privés au bord de la Rufiji, lever de soleil en montgolfière.
  • Photographes : faible affluence, lumière, accès rivière. Conditions idéales pour un travail soigné.
  • Voyageurs en deuxième safari : ceux qui ont déjà fait le Nord (Serengeti, Ngorongoro) et cherchent un contraste fort sans quitter la Tanzanie.

À éviter pour : les très petits budgets (le parc reste cher) et les familles avec enfants en bas âge (vols en petit avion, longues sorties bateau).

Infos pratiques

Où se trouve la réserve de Selous

La réserve se situe dans le Sud-Est de la Tanzanie. Elle est bordée par l'océan Indien à l'est et se trouve à environ 200 kilomètres au sud-ouest de Dar es Salaam.

Comment s'y rendre

Par voie aérienne : le parc est accessible depuis Dar es Salaam (45 mn de vol) et Ruaha (90 mn). Des liaisons existent aussi depuis Zanzibar et l'aéroport international du Kilimandjaro. Plusieurs airstrips desservent les différents secteurs : Mtemere, Siwandu, Kiba.

Par la route : il est possible de conduire depuis Dar es Salaam en faisant une escale au parc national de Mikumi. La route est cependant en mauvais état et le trajet prend 6 à 7 heures. Cette option n'est recommandée que pour les voyageurs flexibles, en saison sèche, et avec un 4x4.

Quand partir

La saison sèche, de mai à octobre, est la meilleure période pour visiter Selous. Les animaux se rassemblent autour des points d'eau, de la rivière Rufiji et des lacs. La végétation s'éclaircit, la visibilité est excellente.

Détail mois par mois :

  • Juin-juillet : début de saison sèche, températures douces (15-28°C), parfait pour les premiers safaris
  • Août-septembre : pic d'affluence relative, faune concentrée autour de l'eau, chaleur croissante
  • Octobre : très chaud (35°C+), conditions idéales pour les sightings mais éprouvant en milieu de journée
  • Novembre : petites pluies, paysages qui reverdissent, naissances
  • Avril : la plupart des camps ferment, à éviter

Pour observer les chiens sauvages, visez la saison de mise-bas, de juin à août.

Prix d'un safari à Selous

Le tarif d'un safari à Selous démarre autour de 75 USD par jour en formule basique et peut monter à 650 € par jour en tout compris (vols internes, guide privé, droits d'entrée, pension complète). Pour un séjour de plusieurs jours, comptez entre 690 € et 976 € par personne, selon la durée et la catégorie de camp.

Combien de temps prévoir

Pour bien explorer Selous, prévoyez entre 2 et 4 nuits. Trois nuits constituent le bon équilibre : une journée bateau, une journée 4x4, une journée mixte ou marche. Au-delà de quatre nuits, mieux vaut combiner avec Ruaha ou un séjour balnéaire à Zanzibar.

Questions fréquentes

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Questions fréquentes

En partie. Depuis 2019, la moitié nord de l'ancienne réserve de Selous a été reclassée en Nyerere National Park, qui concentre toute l'activité touristique. La zone sud reste appelée Selous Game Reserve mais n'est pas accessible aux safaris classiques. Les voyagistes utilisent encore souvent « Selous » par habitude.

Le Serengeti offre la grande migration et les paysages emblématiques du Nord, mais accueille beaucoup plus de visiteurs. Selous propose des safaris en bateau impossibles ailleurs, une faible affluence et une ambiance plus sauvage. Pour un premier safari iconique, choisissez le Serengeti. Pour un deuxième voyage ou une expérience confidentielle, optez pour Selous.

Quatre espèces sur cinq sont régulièrement observées : lion, léopard, éléphant, buffle. Le rhinocéros noir est présent mais extrêmement rare en raison du braconnage passé. Comptez plutôt sur les chiens sauvages africains, l'une des plus belles populations d'Afrique, comme espèce signature.

Oui, à condition de respecter les consignes du guide. Les barques motorisées maintiennent une distance de sécurité avec les hippopotames et crocodiles. Les guides connaissent les zones à éviter et les moments où les animaux sont les plus calmes. C'est l'une des activités les plus appréciées du parc.

De juin à août, pendant la saison de mise-bas. Les meutes restent autour de leur tanière pour nourrir les chiots, ce qui rend les observations plus prévisibles. Selous abrite l'une des plus grandes populations de chiens sauvages d'Afrique.

Oui, un visa touristique est obligatoire pour les voyageurs francophones. Il s'obtient en ligne via le site officiel des services d'immigration tanzaniens (e-visa) ou à l'arrivée à Dar es Salaam et au Kilimandjaro. Comptez environ 50 USD.

La plupart des camps acceptent les enfants à partir de 8 ans, certains à partir de 12 ans seulement. Les vols en petit avion et les sorties bateau de plusieurs heures conviennent peu aux jeunes enfants. Vérifiez la politique de chaque camp avant de réserver.

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