
Ruines du Palais de Maruhubi
Ruines du Palais de Maruhubi
Vestiges d'un palais sultanien du XIXe siècle à 4 km au nord de Stone Town : piliers en pierre de corail, bains persans et chantier naval de boutres en bord de plage.
Les ruines du palais de Maruhubi se dressent à 4 km au nord de la ville de Zanzibar, en bordure de plage. Ce site sans frais d'entrée garde la mémoire d'un palais sultanien du XIXe siècle ravagé par les flammes en 1899, puis pillé en 1964. Il offre aujourd'hui un mélange de vestiges architecturaux et de scènes de vie maritime.
Pourquoi visiter Maruhubi
Le site cumule trois intérêts rarement réunis sur l'île de Zanzibar. D'abord, un témoignage rare de l'architecture résidentielle du sultanat omanais : piliers en pierre de corail, bains de style persan et bassins disparus sous les nénuphars. Ensuite, une lecture directe de l'histoire de Zanzibar, entre construction sultanienne, incendie de 1899 et événements de 1964. Enfin, un cadre vivant : à l'arrière du palais, la plage sert de chantier naval informel où des pêcheurs réparent leurs boutres. La visite reste courte (comptez 45 min à 1h30) et s'intègre facilement à une demi-journée au nord de Stone Town.
Histoire du palais
La propriété appartenait à l'origine à un homme de la tribu Al-Marhuby, qui lui a laissé son nom. Le sultan Said Bargash, qui régna sur Zanzibar de 1870 à 1888, en fit l'acquisition au cours de son règne et entreprit d'y bâtir un palais d'agrément destiné à loger ses femmes et concubines. La tradition orale parle de 99 occupantes — un chiffre qu'il faut prendre comme un emblème de prestige plus que comme une réalité documentée, à l'image des récits qui entourent les bassins et les rituels de cour.
L'ensemble fut construit en pierre de corail et en bois, avec un étage supérieur ceint d'un large balcon. Bargash commanda les hauts murs d'enceinte après son voyage en Angleterre en 1875, où l'architecture des grandes propriétés l'avait marqué. Un incendie ravagea le palais en 1899 et détruisit la structure en bois. En 1964, lors des événements révolutionnaires qui mirent fin au sultanat, les dorures et marbres encore présents furent emportés. Le site n'a jamais été reconstruit.
Ce que l'on voit aujourd'hui
Les vestiges sont concentrés sur un terrain plat ouvert sur la mer. Plusieurs éléments méritent attention :
- Les piliers en pierre du bâtiment principal, qui supportaient autrefois le balcon en bois disparu dans l'incendie.
- Les bains de style persan, avec une baignoire séparée attribuée au sultan et des espaces destinés à ses femmes.
- Les réservoirs d'eau, aujourd'hui envahis de nénuphars, qui alimentaient les bains et les jardins.
- Une série d'arcs et de marches au nord du site, en direction de la plage : il s'agit des restes d'un espace de réception.
- Les anciennes pelouses jalonnées d'arbres d'ombrage, qui rendent lisible l'organisation du parc.
La plage à l'arrière
Derrière les ruines, la plage est utilisée comme chantier naval informel. Les pêcheurs y réparent des boutres traditionnels avec des outils à main et y fabriquent des filets. Le sol est souvent recouvert de petits poissons séchés mis à plat au soleil — regardez où vous posez les pieds. Cette portion donne au site une dimension contemporaine que peu de ruines de l'île offrent.
Informations pratiques
- Entrée : libre, pas de billetterie.
- Durée de visite : 45 min à 1h30 selon le rythme.
- Équipement : chaussures fermées (sol irrégulier, poissons séchés sur la plage), eau, protection solaire.
- Guide : non obligatoire mais utile pour le contexte historique ; des guides locaux peuvent se proposer sur place.
- Photographie : autorisée, lumière intéressante en fin de matinée et en fin d'après-midi.
Quand y aller
Le site est en plein air. Il se visite toute l'année mais reste plus agréable pendant la saison sèche, principalement de juin à octobre, ainsi que de fin décembre à février. Les pluies de mars-mai (longues pluies) et de novembre (courtes pluies) rendent les vestiges glissants et la plage moins praticable. Préférez le matin avant 11h ou la fin d'après-midi pour éviter la chaleur la plus intense.
Comment s'y rendre
Depuis Stone Town, on rejoint Maruhubi par la route principale qui mène au nord vers le village de Bububu. La Livingstone House se trouve sur la droite ; le panneau du palais apparaît quelques kilomètres plus loin sur la gauche. Plusieurs options :
- Dala-dala (minibus local) en direction de Bububu : descendez juste après l'entrée du palais.
- Taxi depuis Stone Town : trajet court, négociez le prix à l'avance.
- Vélo ou scooter : la route est plate et bien balisée.
À proximité
Maruhubi s'inscrit dans un axe d'attractions historiques au nord de Stone Town. À combiner facilement avec :
- Les ruines de Mtoni Palace, autre résidence sultanienne, à quelques kilomètres au nord.
- La Livingstone House, ancienne base de l'explorateur, sur la même route.
- La forêt de Kiwengwa, plus au nord-est de l'île, pour une journée nature.
- Les grottes d'Amboni sur le continent, pour qui prolonge le voyage côté Tanga.
Questions fréquentes
Non, le site est en accès libre. Aucune billetterie n'est installée à l'entrée.
Comptez 45 minutes à 1h30 selon que vous explorez aussi la plage arrière et son chantier naval.
Le chiffre relève de la tradition orale entourant le sultan Bargash et symbolise le prestige du souverain. La fonction résidentielle pour les femmes du sultan est en revanche bien documentée.
Prenez un dala-dala depuis Stone Town en direction de Bububu et demandez à descendre au palais. Le trajet est court et économique.
Oui, le palais s'associe bien avec la Livingstone House et les ruines de Mtoni Palace, sur le même axe routier au nord de Stone Town.
Préparer votre voyage
Les ruines de Maruhubi s'intègrent naturellement dans un circuit qui combine Stone Town, les plages du nord de l'île et l'intérieur des terres. Pour construire un itinéraire sur mesure incluant Zanzibar et le continent, consultez nos voyages en Tanzanie.
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