Ville de Zanzibar

Ville de Zanzibar

Ville de Zanzibar

·

Capitale de l'archipel et joyau classé UNESCO, la ville de Zanzibar mêle histoire swahilie, architecture coloniale et saveurs d'épices. Notre guide complet.

Nichée sur l'île d'Unguja, la ville de Zanzibar est une cité chargée d'histoire classée au patrimoine mondial de l'Unesco. Ses plages, son port aux boutres colorés et son architecture coloniale en font l'une des escales les plus saisissantes d'Afrique de l'Est.

Une cité coloniale aux multiples facettes

Visiter la ville de Zanzibar, c'est partir à la découverte d'une destination métissée et cosmopolite qui captive par son passé. De l'époque coloniale portugaise, il subsiste une forteresse imposante, l'Old Fort, qui fait la fierté de Zanzibar. De la domination arabe, Zanzibar a hérité la culture et la production d'épices, une tradition de longue date qui a végétalisé le paysage.

Le mélange des influences se reflète dans le quartier de Stone Town, ce dont vous vous rendrez compte lors d'une balade dans la vieille ville. En passant d'un monument à l'autre, vous comprendrez pourquoi Zanzibar se lit comme un livre d'histoire à ciel ouvert.

Une fois la visite patrimoniale terminée, enfoncez-vous dans les ruelles, goûtez aux étals épicés et observez le coucher de soleil sur le port. Zanzibar est aujourd'hui la quatrième ville la plus visitée d'Afrique.

Histoire de la capitale

Avant l'immigration blanche, la capitale de Zanzibar n'était qu'une petite communauté de pêcheurs. Elle doit son plan d'urbanisme aux ambitions colonialistes du Portugal, de l'Empire ottoman et de la Couronne britannique. En 1503, les Portugais prirent les îles d'Unguja et de Pemba par l'épée et y installèrent un comptoir. La fondation d'une église catholique dans le quartier de Stone Town est un signe de cette autorité coloniale.

Lorsque le sultan d'Oman s'est emparé du pouvoir vers la fin du XVIIe siècle, sur l'accord de la haute bourgeoisie, l'exportation des épices s'intensifia. La réputation de l'île aux épices a franchi les océans grâce à ses clous de girofle. Les princes ottomans bâtirent palais à harem, mosquées et halles somptueuses, sans compter la vieille forteresse destinée à repousser les attaques occidentales.

Le pillage des richesses fut poursuivi par les Britanniques, qui se hâtèrent d'intervenir en faveur des esclaves lorsque ceux-ci menèrent une révolte populaire. En abolissant l'infâme traite négrière en 1897, les Britanniques se sont arrogé le droit de monopoliser le trafic portuaire de Zanzibar à travers un régime de protectorat.

Si les conditions de vie des esclaves s'étaient nettement améliorées, il subsistait des inégalités criantes entre la classe bourgeoise, les paysans et les familles d'esclaves affranchies. Il suffit, pour s'en rendre compte, de contempler les résidences luxueuses aux murs de corail qui côtoient les maisons à toit de paille des métayers.

La loi condamnant désormais la traite des Noirs, les colons omanais virent leur revenu se volatiliser. Beaucoup de propriétaires rentiers se lancèrent dans le commerce, rejoignant les Perses et les Indiens. Le pouvoir du sultanat s'affaiblit, même si la Grande-Bretagne lui donna carte blanche dans la gestion des affaires politiques.

Après une révolution meurtrière en 1964, le sultanat fut contraint d'abdiquer. La ville de Zanzibar devint la nouvelle capitale de l'archipel indépendant.

Zanzibar aujourd'hui

Pétrie de diverses influences, la capitale zanzibarite est aujourd'hui une ville d'art et d'histoire à ne pas manquer. Elle se situe sur la côte occidentale de l'île d'Unguja, au large de l'océan Indien. Sa population est estimée à 205 000 habitants, répartis dans une vingtaine de quartiers.

La ville vit au rythme des appels à la prière, des marchés couverts et du va-et-vient des boutres dans le port. Les façades sculptées de Stone Town côtoient des boutiques d'épices, des galeries d'art swahili et des cafés où l'on sirote un karkadé glacé. C'est aussi à Zanzibar qu'est né Farrokh Bulsara, plus connu sous le nom de Freddie Mercury, dont la maison natale se visite encore près de Kenyatta Road.

Pour qui est faite la ville de Zanzibar ?

  • Les passionnés d'histoire et de patrimoine UNESCO : Stone Town offre l'un des ensembles architecturaux swahili les plus complets au monde.
  • Les voyageurs culturels : musées, marché aux esclaves, fermes d'épices et mosquées composent un programme dense.
  • Les couples : ruelles romantiques, dîners au bord de l'océan et coucher de soleil depuis un boutre.
  • Les photographes : portes sculptées, façades chaulées, marché de Darajani et lumière de fin d'après-midi.
  • Les épicuriens : street food à Forodhani, currys swahili, fruits de mer et thés à la cardamome.

Que faire à Zanzibar : sites et activités

Stone Town, la vieille ville

L'attraction numéro un de la ville de Zanzibar est son centre historique, Stone Town, que l'Unesco qualifie de « remarquable exemple de ville commerçante swahilie ». La ville de pierre rassemble un ensemble unique d'édifices au goût architectural arabe, indien, perse et européen.

Commencez la journée par le « spice tour », une visite des fermes agricoles locales. Vous y découvrirez les étapes de production du girofle, de la vanille, du curcuma et du poivre noir, accompagné par un planteur qui ouvre les gousses devant vous.

Les monuments incontournables

Flânez dans les ruelles étroites en gardant l'œil ouvert sur les principaux monuments :

Le Vieux Fort (Old Fort)

Enserré de murailles impressionnantes, le Vieux Fort (Ngome kongwe) fut témoin de la défaite des Portugais face aux troupes du sultan Al-Busaïd. Il a changé de main à neuf reprises au cours des vicissitudes de l'histoire. Le gris orange de la façade se découpe merveilleusement sur la mer.

Le palais des Merveilles (House of Wonders)

Construit en 1882, le palais des Merveilles est une folie des grandeurs des sultans d'Oman. Pour vous en donner une idée, c'est le premier bâtiment de Zanzibar à être équipé d'un ascenseur et d'une installation d'électricité.

Le musée du Palais (Palace Museum)

Avec sa maçonnerie rehaussée de merlons, le Palace Museum compte parmi les plus célèbres monuments de la ville de Zanzibar. Il se dresse entre le Dispensaire et la Maison des Merveilles.

L'Ancien Dispensaire

Ce bâtiment a été commandé en 1887 par un riche affairiste swahili pour célébrer le bicentenaire du règne de Victoria. Sa façade verte et bleue, ouvragée à la manière indienne, en fait l'un des édifices les plus photographiés du front de mer.

La cathédrale Saint-Joseph

Datant de la fin du XIXe siècle, cette église catholique est l'œuvre des missionnaires français qui profitèrent de la colonisation pour évangéliser la population. Les murs intérieurs dépeignent des personnages de l'Ancien Testament.

La basilique anglicane Christ Church

Un projet de restauration en 2014 a redonné un coup de jeune à cette basilique du XIXe siècle, qui marie les éléments gothiques aux motifs sculpturaux importés d'Arabie et du Moyen-Orient. La basilique est élevée à la mémoire de David Livingston, dont le courage et le dévouement furent déterminants dans la mise en liberté des esclaves.

L'ancien marché aux esclaves

Tout près de la cathédrale anglicane se tient l'ancien marché aux esclaves. La visite, sobre et bouleversante, comprend les caves où les captifs étaient enchaînés avant la vente. Un mémorial sculpté en plein air rend hommage aux victimes de la traite.

Le marché de Darajani

À l'est de Stone Town, le marché de Darajani concentre l'animation populaire de la ville. Vous y trouvez les étals de poissons frais, les pyramides d'épices, les fruits tropicaux et les tissus kanga colorés. Venez tôt le matin pour observer les vendeurs s'installer et les négociations commencer.

L'île de Changuu

Familièrement appelée « île de prison », l'île de Changuu est connue pour ses tortues géantes d'Aldabra et reste un but de promenade populaire à 30 minutes de bateau du port.

Les Jardins de Forodhani

En fin de soirée, locaux et voyageurs convergent vers les jardins de Forodhani. Les marchands y étalent des poissons grillés et des brochettes de crustacés. Ce petit parc se situe juste à côté du fort arabe et constitue le meilleur spot de street food de l'île.

Promenade en boutre au coucher du soleil

Embarquez à bord d'un boutre traditionnel pour une sortie de deux heures au large du port. Les voiles triangulaires se gonflent au vent, le muezzin chante depuis la côte et la silhouette de Stone Town se découpe sur l'horizon orangé. Les départs ont lieu en fin d'après-midi depuis le front de mer.

Dégustation culinaire

La cuisine zanzibarite mêle les influences swahili, indienne et arabe. Goûtez le biryani aux clous de girofle, l'urojo (soupe acidulée surnommée « Zanzibar mix »), les samboussas frits et le riz pilau. Pour le dîner, le Forodhani night market propose poissons grillés et pizzas zanzibari ; pour un déjeuner local plus calme, le Lukmaan Restaurant sert curry de poulet et chapatis à prix doux.

Où dormir à Zanzibar

L'offre d'hébergement à Stone Town couvre tous les budgets, des guesthouses familiales aux hôtels de caractère installés dans d'anciennes demeures de marchands.

  • Guesthouses (15-30 €) : chambres simples avec ventilateur, souvent au cœur des ruelles. Idéales pour voyageurs en sac à dos qui privilégient l'immersion.
  • Boutique-hôtels (60-120 €) : maisons swahilies restaurées, patios intérieurs, terrasses sur les toits avec vue sur la mer. Bon compromis entre charme et confort.
  • Lodges et hôtels haut de gamme (150 €+) : anciens palais reconvertis, piscines, spas et restaurants gastronomiques. Pour un séjour signature, à proximité immédiate du front de mer.

Notre conseiller local peut affiner la sélection selon vos dates et votre rythme de voyage.

Conseils insider

  • Habillez-vous couvert : Zanzibar est majoritairement musulmane. Épaules et genoux couverts en ville, maillot uniquement à la plage ou à l'hôtel.
  • Perdez-vous volontairement dans Stone Town : Google Maps fonctionne mal dans les ruelles, mais on retombe toujours sur le front de mer en marchant vers le bruit.
  • Négociez les spice tours directement à votre hébergement plutôt qu'auprès des rabatteurs de rue : meilleur prix, guides plus expérimentés.
  • Retirez des shillings tanzaniens dès l'arrivée à l'aéroport : les distributeurs en vieille ville sont parfois en panne.
  • Goûtez le mtori et le mishkaki au-delà des plats touristiques : ce sont les vraies saveurs locales.
  • Visitez la maison de Freddie Mercury tôt le matin : la lumière est meilleure pour les photos et les groupes ne sont pas encore arrivés.

Infos pratiques

Meilleur moment pour partir

Zanzibar bénéficie d'un climat tropical rythmé par deux moussons : la kaskazi (nord-est, novembre à mars) et la kusi (sud-est, juin à octobre).

  • Juin à septembre : saison sèche, températures de 25 à 28 °C, idéal pour la culture et la plage.
  • Décembre à février : chaud et ensoleillé (28-32 °C), excellente période mais plus fréquentée.
  • Mars à mai : grande saison des pluies, à éviter pour un premier voyage.
  • Octobre-novembre : courtes pluies, tarifs plus doux, végétation luxuriante.

Comment s'y rendre

Des vols directs vers Zanzibar sont nombreux au départ de Paris. L'avion décolle de Paris-Charles-de-Gaulle et atterrit à l'aéroport Abeid Amani Karume (Kisauni). Comptez environ 18 heures de vol avec une escale.

Zanzibar est aussi reliée par avion à la Tanzanie continentale, depuis Dar es Salaam, Mwanza ou Kilimandjaro. Un ferry rapide relie également Dar es Salaam à Stone Town en 2 heures.

Transport sur place

Le trajet de l'aéroport à l'hôtel se fait en dalla-dalla (minibus partagé) ou en taxi. Le dalla-dalla qui dessert le centre-ville porte le numéro 505 : très abordable (500 tsh, soit moins de 20 centimes d'euros), mais avec une foule écrasante. Pour un peu moins de 10 euros, il est préférable de héler un taxi.

Budget voyage

Comptez 30-50 € par jour en mode routard, 80-120 € pour un voyage confort et 200 €+ pour un séjour haut de gamme. Les visites de monuments coûtent entre 5 et 10 € l'entrée. Un repas local revient à 3-5 €, un dîner dans un bon restaurant à 15-25 €.

À découvrir aussi

La visite de la ville de Zanzibar demande au moins une journée pour faire le tour de ses richesses. En quittant la capitale, plusieurs sites valent le détour :

  • Le parc national de Jozani et ses singes colobes rouges endémiques
  • Les bains royaux de Kidichi, héritage perse du XIXe siècle
  • Le sanctuaire marin de Chumbe, réserve de coraux protégée
  • La station balnéaire de Nungwi, au nord, pour les plages et la vie nocturne
  • Le quartier de Stone Town à explorer en profondeur
?

Questions fréquentes

Deux jours pleins permettent de couvrir Stone Town, ses monuments principaux et le marché de Darajani. Comptez une journée supplémentaire pour un spice tour ou une excursion à l'île de Changuu.

Oui, la ville reste globalement sûre pour les voyageurs. Les précautions habituelles s'appliquent : éviter les ruelles désertes la nuit, surveiller ses effets dans les marchés et respecter les codes vestimentaires locaux.

De juin à septembre, pendant la saison sèche : températures agréables, faible humidité et ciel dégagé. Évitez la grande mousson de mars à mai.

Oui, un visa tanzanien est obligatoire. Il s'obtient en ligne (e-visa) avant le départ ou à l'arrivée à l'aéroport, pour environ 50 USD.

Le shilling tanzanien (TZS) est la monnaie officielle. Le dollar américain est largement accepté pour l'hébergement et les excursions, mais payez en shillings dans les marchés et restaurants locaux.

Stone Town est le quartier historique classé UNESCO au cœur de la ville de Zanzibar. La ville englobe Stone Town ainsi que les quartiers résidentiels modernes alentour comme Ng'ambo.

Envie de découvrir cette destination ?

Nos conseillers locaux créent votre voyage sur mesure.